J’ ai  la connaissance de l’état de grossesse de B. seulement la veille de l’accouchement. Elle est disparue depuis deux jours pour ses proches.
Pendant ces huit ou neuf mois de grossesse,  se soulève en moi une grande inquiétude quant à son attitude, et à son état de santé.
B. me  rassure toujours en m’expliquant qu’elle a une maladie utérine et qu’ elle se fait suivre régulièrement. Elle  refuse toujours  que je l’accompagne à ses rendez-vous médicaux.

Je la crois, je l’aime, j’ai toute ma confiance en elle.

Je la retrouve le 23 aout 2006 au matin, à la clinique du Tertre Rouge (Le Mans),  suite à un coup de téléphone de sa mère.

Sur place, Émilie Château, psychologue et correspondante de la famille adoptive française,  me prend en charge, ne m’autorise pas à entrer dans la chambre de B. Elle me donne immédiatement rendez-vous dans la salle d’allaitement, pour me signifier, d’abord, que mon amie, est enceinte, que je ne suis pas le père, car selon ses dires, elle a été : « victime d’un viol collectif ».

Elle  décide d’accoucher sous le secret. Elle a déjà décidé seule de ne pas garder cet enfant.

J’essaie de comprendre sa souffrance, je n’arrive pas à la convaincre de garder ensemble cet enfant, pour elle c’est  le fruit du viol qui l’ a menée jusque là, ce n’est pas envisageable.

L’enfant à naître est immédiatement confié à la Famille Adoptive Française.

Je me porte volontaire en tant que témoin pour faire avancer l’enquête sur le viol de mon amie. J’accepte les prélèvements ADN proposés.

La vérité m’est révélée 13 mois plus tard, par un juge d’instruction. Ma fille est alors âgée de 17 mois. Je la reconnais immédiatement à la mairie de Le Mans.

L’œuvre privée  m’assigne en justice pour faire échec de ma reconnaissance en paternité.

Ma reconnaissance fait obstacle à une adoption plénière qui n’est alors absolument pas nécessaire.

Je souhaite être dans la vie de ma fille.

Julien Charnolé